Comment YouTube a réécrit l’histoire de la télévision

Dossier spécial

Internet est la nouvelle télévision

Les écrits sur les perspectives d’avenir de la télévision abondent. Dans nombre de ces analyses plane la menace YouTube : « YouTube est la nouvelle télévision, parce que YouTube ne ressemble en rien à la télévision », disait son PDG aux annonceurs en 2013.

Le service mis en ligne en 2005 possède certainement les atouts requis pour prendre la place de la télévision traditionnelle : un énorme bassin d’utilisateurs, un public largement composé de cohortes convoitées, les générations Z et du millénaire, qui délaissent les médias traditionnels, et une importante longueur d’avance sur les réseaux et câblodistributeurs traditionnels en matière de technologie vidéo sur IP et d’implantation dans les nuages.

En outre, la domination de YouTube s’étend à la planète : 80 % des visionnements et près de 50 % de ses revenus publicitaires proviendraient de l’extérieur des États-Unis selon des estimations faites en 2015.

La télévision du 21e siècle peut être vue sur une multitude d’écrans très différents du tube cathodique des débuts, agencée à la convenance de ses spectateurs et diffusée dans les situations les plus diverses. Mais le mot « télévision » renvoie toujours aux mêmes notions de base : production d’images en mouvement, diffusion de ce contenu et réception par le public.

YouTube a commencé son existence en confrontation avec la télévision traditionnelle, furieuse de voir ses droits d’auteur exploités sans permission. Dix années de plaintes, de démêlés juridiques plus tard, et de retrait systématique par YouTube du matériel protégé par droit d’auteur, les deux médias entretiennent maintenant une relation encore relativement instable, mais fondée sur les avantages mutuels à en retirer.

Est-ce que YouTube est la nouvelle télévision ? Pas nécessairement, mais la télévision va sans doute évoluer en suivant l’impulsion imprimée par YouTube. Elle demeurera un concept qui englobe toujours les trois notions de base : contenus audiovisuels, diffusion et réception, mais où la nature même du contenu, la façon dont il est créé, produit et financé, et, surtout, les usages qui en régissent les rencontres avec le public sont en radicale transformation.

C’est sous cet angle que ce dossier examine trois aspects du phénomène YouTube : les contenus, le mode de financement et les nouveaux créateurs.



Nouveaux créateurs : quand la relation avec le public devient monnaie d’échange

YouTube était déjà un phénomène social après un an d’existence en raison de son contenu foisonnant, de ses statistiques de visionnements démesurées et des explosions de viralité de certains contenus. Mais le véritable phénomène avec YouTube, c’est la relation qui s’est développée entre les YouTubeurs et leurs fans.

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Modes de financement : vieux modèles dépoussiérés

Au début de 2015, le Wall Street Journal lançait un pavé dans la mare : « YouTube », titrait-il, « un milliard d’utilisateurs, pas de profit ».

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À chacun son contenu

Cristos Goodrow, directeur de l’ingénierie pour la recherche et la découverte chez YouTube, déclarait en juillet 2015 : « Pour chaque humain sur terre, nous pensons qu’il existe 100 heures de YouTube qu’il aimerait regarder. »

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