Les usages médias des 9-12 ans : l’âge de l’indépendance numérique

Un billet de Gaëlle SaulesFlorence Roche et Judith Beauregard.

Les 9 à 12 ans, en devenant progressivement un préadolescent, gagnent leur indépendance dans leurs usages des médias et choix de divertissements.

Plus de la moitié des enfants canadiens âgés de 12 ans ont un téléphone cellulaire

L’émancipation se fait souvent à travers l’acquisition du premier téléphone cellulaire personnel. Selon une étude de HabiloMédias menée en 2013 sur les jeunes Canadiens, dès 9 ans (en 4e année), un quart des jeunes ont leur propre téléphone. Trois ans plus tard, ils sont plus de la moitié (52 %) à en avoir un. Et ces pourcentages ne tiennent pas compte des jeunes qui utilisent le téléphone de leurs proches ou parents (31 % à 9 ans).

Les préadolescents sont déjà présents en masse sur les réseaux sociaux

Si, pour les parents, outiller leur enfant d’un téléphone est un moyen de garder le contact et de se rassurer, pour les préadolescents, cet appareil ouvre une véritable fenêtre sur le monde et leur permet de s’informer et de rester en contact avec leurs amis.

Malgré le fait que l’inscription aux réseaux sociaux est officiellement réservée aux 13 ans et plus, nombreux sont les 9 à 12 ans qui ont déjà un compte personnel sur un de ces réseaux. Ofcom estime que, au Royaume-Uni, 10 % des enfants âgés de 9 ans sont inscrits à au moins un réseau social. Ce pourcentage grimpe à 50 % parmi les enfants de 12 ans. De plus, selon un sondage CBBC, également mené au Royaume-Uni, 41 % des 10 à 12 ans auraient un compte Instagram.

La majorité des parents se soucie de la sécurité en ligne de leurs enfants

Les parents continuent de jouer un rôle en éduquant leurs enfants sur les médias et les mettant en garde contre les risques qu’ils présentent. Selon l’étude menée par Ofcom au Royaume-Uni, 90 % des parents d’enfants de 8 à 11 ans ont parlé de sécurité en ligne à leur progéniture. D’après HabiloMédias, les principales règles relatives à ces activités concernent la publication de renseignements personnels, la discussion en ligne avec des étrangers et les sites que l’enfant n’est pas censé visiter.

Étude de cas : Jenny

Jenny est une série dramatique multiplateforme destinée aux jeunes adolescents. De langue française, celle-ci compte 20 épisodes lancée sur Unis TV en septembre 2017. Elle met en scène Jenny, une jeune fille de 13 ans diagnostiquée d’une leucémie. On suit le personnage dans les différentes épreuves qu’elle traverse : diagnostic, hospitalisation, chimiothérapie et rémission.

Bien qu’elle traite d’un sujet sensible, la série, qui s’adresse à un public de jeunes adolescents, n’est jamais pesante et son héroïne parvient à insuffler une dose d’optimisme et de joie de vivre aux spectateurs.

Le blogue de Jenny : 150 contenus numériques exclusifs pour compléter l’histoire de la série

Pour répondre aux attentes du jeune public, l’histoire de Jenny se raconte sur de multiples plateformes et à travers différents types de contenus. Dans la série, on apprend que l’adolescente tient un blogue dans lequel elle raconte le quotidien de sa maladie. Le blogue de Jenny a donc été créé puis enrichi tout au long de la diffusion par plus de 150 contenus exclusifs de toutes sortes : vlogues, GIF, vidéos courtes sur les réseaux sociaux, etc.

Le personnage de Jenny a une chaîne YouTube ainsi que des comptes Instagram et Snapchat

Pour encore plus de réalisme et de proximité avec l’auditoire, le personnage de Jenny a également pris vie sur les réseaux sociaux sur une chaîne YouTube ainsi que des comptes Instagram et Snapchat, où elle prenait la parole quotidiennement.

Les jeunes fans de la série ont apprécié l’initiative et se sont vraiment investis en interagissant avec le personnage. Ainsi, Jenny recevait chaque jour de nombreux messages de soutien ainsi que des questions sur son état de santé. Son blogue a été consulté plus de 20 000 fois et sa chaîne YouTube totalise 50 000 vues.

L’opération #defisourires : un mot-clic pour mobiliser les jeunes adolescents

En parallèle de cette fiction, l’opération Défi Sourires a été lancée. L’objectif pour l’équipe de la série est de mobiliser les jeunes autour d’une bonne cause et de diriger l’empathie suscitée par le personnage de Jenny vers un véritable engagement auprès des enfants malades.

Le public est invité à réaliser une action sourire et à la partager un utilisant le mot clic #defisourires sur le blogue de Jenny ou sur les différents médias sociaux (YouTube, Facebook, Instagram) pour faire la promotion de l’initiative auprès d’amis. Chaque sourire recueilli permet de récolter des fonds auprès de donateurs partenaires afin de financer les actions d’organismes engagés auprès d’enfants atteints de cancer.

Pour lancer l’opération, trois Youtubeurs populaires auprès des jeunes préadolescents québécois (Amélie Barbeau, Gloria Bella et Massi Mahiou) ont été choisis pour réaliser des défis sourires.

Le dispositif a créé un véritable engouement partout au Québec : entre septembre 2017 et janvier 2018, plus de 500 000 personnes ont été touchées par cette opération et plus de 30 000 sourires et autant de dollars ont été recueillis afin de venir en aide à Leucan et à la Fondation Mgr Arthur Deschênes.

Publié dans: Études de cas, Utilisateurs et usages

Tags: jeu vidéo, médias sociaux, télé, tendances



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