Cinemacity – Une application mobile pour découvrir le Paris cinématographique

Source : Image promotionnelle de Cinemacity

Cinemacity est une application pour téléphones intelligents, dernière-née de l’équipe d’ARTE Web en coproduction avec le studio transmédia Small Bang.

Initiée par Michel Reilhac, à l’époque directeur d’ARTE Cinéma (devenu depuis auteur transmédia indépendant), Cinemacity est une expérience unique de promenade dans le patrimoine cinématographique d’une ville, en l’occurrence Paris, et propose également un modèle économique atypique.

UNE APPLICATION CINÉMATOGRAPHIQUE

Le principe de départ de Cinemacity se fonde sur une cinéphilie territoriale : des centaines d’extraits de films ont été géolocalisés sur la carte de Paris et sont consultables à partir du lieu même où la scène a été tournée. Les célèbres scènes d’Inception, du Ballon rouge ou encore du film d’animation Ratatouille sont désormais à portée de clic.

Cinemacity propose un nouveau regard sur Paris, par l’entremise d’extraits de films mythiques, mais offre également un nouvel aperçu de la cinéphilie, où il faut se déplacer physiquement (l’application recense près de 25 heures de balade à pied) pour atteindre les extraits en question.

Pour organiser ces extraits, l’équipe a créé des balades thématiques, aux noms évocateurs : « Attachez vos ceintures », « Deux clopes au bec », « Paris occupé, Paris libéré ». Chacune de ces balades regroupe de cinq à huit extraits de films différents et permet au promeneur de traverser un pan de l’histoire du cinéma dans un quartier donné.

Enfin, les concepteurs ont pensé aux touristes et aux difficultés de se connecter à Internet depuis son téléphone à l’étranger : il est en effet possible de préparer son parcours à l’avance, grâce au WiFi de l’hôtel par exemple, et de le télécharger pour le consulter plus tard en mode hors connexion.

Sortie début juillet, l’application accessible sur iPhone et Android propose actuellement plus de 400 extraits de films géolocalisés et prévoit de bonifier régulièrement son catalogue.

Source : Capture d’écran du site http://cinemacity.arte.tv

Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), par l’entremise de l’Aide aux projets nouveaux médias, a contribué à hauteur de 120 000 € au projet (un tiers en développement, deux tiers en production), soutien orienté spécifiquement vers la production de contenus originaux sur la plateforme.

« L’aide précieuse du CNC nous permet également de produire des contenus originaux, les fictions-balades, des séries en cinq épisodes de trois minutes de réalisateurs émergents qui racontent une histoire à l’échelle d’un quartier parisien », précise Benjamin Lelong, responsable de la stratégie digitale et de la communication chez Small Bang.

Au-delà de la mise en valeur patrimoniale du cinéma, Cinemacity se présente donc comme un laboratoire de création, visant à « explorer les nouvelles formes de narration du cinéma dans la ville ». Une fiction-balade a déjà été réalisée, Chat (réalisée par Ilan Cohen), et sera rejointe par trois autres d’ici la fin de l’année, à l’issue de l’appel à projets lancé auprès de réalisateurs franciliens.

UN « SERVICE PUBLIC » SOUTENU PAR LA VILLE

ARTE a tenu à ce que l’application soit entièrement gratuite. Plus qu’un jeu ou qu’un guide touristique, Cinemacity a été pensé par ses concepteurs comme un véritable service public, proposant un double accès au patrimoine cinématographique et urbain de la ville.

De ce fait, la Mairie de Paris s’est imposée comme un soutien naturel du projet, comme l’explique Pierre Cattan, fondateur du studio Small Bang et qui se définit comme le « showrunner » de Cinemacity : « Trois adjoints se sont engagés dans le projet : Bruno Julliard, adjoint chargé de la culture, Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l’innovation, et Jean-Bernard Bros, adjoint chargé au tourisme. La Mairie de Paris a par ailleurs soutenu financièrement Cinemacity par une subvention du service de la culture. »

Un des exemples de cette collaboration réside dans l’évolution des balades thématiques proposées, indique Benjamin Lelong : « Nous accompagnons la programmation culturelle de la Ville dans ses multiples initiatives culturelles gratuites, comme Paris Plages, l’ouverture des berges de la Seine et la Nuit Blanche (au mois d’octobre). Cette programmation est une construction organique, et l’aide de la Mairie de Paris est précieuse pour pouvoir insérer Cinemacity dans les habitudes des utilisateurs. »

RAPPROCHER LES USAGES MOBILES DES SERVICES INNOVANTS LIÉS À LA VIDÉO SUR DEMANDE (VSD)

Au-delà d’un financement à priori assez classique pour un projet de ce type (diffuseur + CNC + collectivité locale), la particularité de celui-ci réside dans la somme importante de droits qu’il a fallu obtenir — le contenu global de l’application reposant en effet sur des centaines d’extraits de films existants.

Plutôt que de se ruiner à acquérir les droits, souvent onéreux, de chaque film séparément (un cauchemar pour les producteurs !), l’équipe a choisi de nouer des partenariats avec des plateformes de VSD. Ainsi, l’accord global concerne un catalogue et non plus chaque extrait un par un. En contrepartie, chaque extrait renvoie à la plateforme partenaire, où il est possible de visionner le film dans son intégralité.

Actuellement, les plateformes d’UniversCiné et de France TV PluzzVAD ont rejoint ARTE VOD pour fournir les extraits de plus d’une centaine de films au total. Pour Pierre Cattan, cette stratégie atypique s’inscrit naturellement dans l’ADN du projet : « Cinemacity est un projet qui se fait avec et pour le monde du cinéma, pour rapprocher les usages mobiles des services innovants liés à la VSD et à la SVSD (vidéo sur demande par abonnement). Nous sommes en discussion avec de nouveaux partenaires et ayants droit pour imaginer la meilleure façon de donner envie aux utilisateurs de voir un film en VSD après avoir vécu l’expérience gratuite proposée par Cinemacity de revoir un extrait à l’endroit même où il a été tourné. »

UN CONCEPT INTERNATIONAL

Source : Image promotionnelle de Cinemacity

Source : Capture d’écran du site http://cinemacity.arte.tv/

Paradoxalement à son fort ancrage local, le concept de Cinemacity ne se limite pas à la vie parisienne. En effet, le projet peut potentiellement s’implanter dans toute grande ville ayant un fort patrimoine cinématographique.

À la suite de la présentation du projet au festival SXSW à Austin en mars dernier, et en marge du dernier Festival de Cannes, plusieurs villes, parmi lesquelles Los Angeles, New York et Berlin, se sont montrées intéressées à adapter localement le dispositif. « Le développement à l’international est assurément l’ordre du jour, mais cela va sans doute prendre quelques mois, car nous devons préparer techniquement ces versions locales. L’idée est effectivement de décliner un format, en adaptant le développement technique de manière à n’avoir à déléguer que la partie éditoriale (back et front office), la programmation de balades,la gestion de communauté et la question des droits des extraits de films », précise Pierre Cattan. Ces ventes internationales constitueraient une nouvelle forme de monétisation très intéressante pour ce type d’applications, et à fort potentiel.

En attendant de voir se multiplier les Cinemacity partout dans le monde, l’équipe planche sur les améliorations de l’application parisienne : l’ajout de balades, mais aussi de nouvelles fonctionnalités comme les notifications push (lorsque l’utilisateur passe à côté d’un extrait non vu), la mise en place du laboratoire de création, et enfin l’élargissement de l’application à la banlieue parisienne, territoire riche en cinématographies.

« Cinemacity est un projet vivant dont la construction est organique, s’adaptant aux occasions et possibilités de partenariats qui se présentent », conclut Pierre Cattan.

http://cinemacity.arte.tv

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