De nouveaux joueurs bousculent les frontières entre Web et TV

Huffington Post et Amazon producteurs de contenu vidéo, Hulu diffusé à la télé et Google câblodistributeur

Le débat autour de l’avenir de la télévision est souvent illustré par deux positions polarisées : d’un côté,  la « mort annoncée de la télévision ». De l’autre, des données de consommation qui montrent que le nombre d’heures passées devant la télévision domine, bien que les modes de transmissions évoluent vers les accès connectés. La vérité – il semble – est plus complexe que la simple analyse « vie ou mort de la Télévision”.  Comme le dit le président du département Divertissement de Fox Broadcasting, Kevin Reilly:

“The future isn’t either traditional (TV) or digital (Internet);  it’s the feedback loop between the two” (ndlr: traduction libre : Le futur ne sera ni traditionnel (TV) ni numérique (Internet), mais se situera dans la synergie créée entre les deux).

Dans un tel contexte, nous examinerons dans les prochains jours quatre nouvelles récentes en empruntant la perspective des « nouveaux joueurs » pour tenter de mieux cerner le rôle qu’ils pourraient jouer dans la réingénierie du modèle télévisuel.

Google se fait câblodistributeur avec son nouveau service Google Fiber

Après avoir solidement établi son statut de géant sur le web,  Google se lance dans la distribution de service télé et Internet. Tel qu’annoncé le 26 juillet dernier, l’offre Google Fiber sera d’abord disponible aux résidents de Kansas City, puis s’étendra à d’autres villes aux États-Unis. Une seule vitesse de bande passante est offerte aux futurs abonnés. Google Fiber propose un forfait unique à 1 Gb/sec, c’est-à-dire 50 fois la vitesse moyenne d’une connexion haute vitesse américaine, et ce pour 70$ par mois. Des frais d’installation de 300$ sont exigés, sauf dans les cas d’engagements d’un an ou plus.

Les principaux compétiteurs de Google Fiber sont loin d’avoir des offres aussi intéressantes: la plus haute vitesse chez Verizon est de 305 Mb/sec et elle est offerte à 200$ par mois, tandis que Xfinity offre cette vitesse de bande passante pour 300$ par mois. De son côté, pour le même coût que l’accès Internet de Google Fiber, soit 70$ par mois, Comcast offre une vitesse de 20 Mb/sec, ce qui est une fraction de la vitesse de Google.

Une offre combinant Internet et télé est également disponible, au coût de 120$ par mois. Tous les abonnés télé recevront sans frais une tablette électronique Nexus 7 en guise de télécommande et auront accès à un service DVR avec un espace de stockage de 2 Tb. Les chaînes télé sélectionnées par l’abonné seront également disponibles sur iPads et tablettes électroniques Android, via l’application Google Fiber TV.

Une troisième offre a été pensée pour les ménages n’ayant pas les moyens d’être branchés à Internet aux prix standards: Google Fiber offrira gratuitement une connexion de vitesse relativement basse, c’est-à-dire 5 mégabits/seconde en download et 1 mégabit/seconde en upload aux ménages se trouvant «sur le chemin» de leurs fibres optiques. Les gens profitant de cet accès gratuit devront cependant assumer les frais d’installation de 300$, mais auront accès à un mode de paiement mensuel pour ce faire.  Google Fiber offrira également un accès gratuit aux écoles, centres communautaires, édifices gouvernementaux et bibliothèques qui en feront la demande.

Pourquoi est-ce important? Google dispose de moyens financiers immenses (selon son CFO Patrick Pichette – en conférence récemment à C2MTL – l’entreprise dispose de réserves de liquidités de l’ordre de 25 milliards de dollars US). À terme, lorsque les services Fiber seront déployés sur une proportion significative des États-Unis, la présence du géant du web dans le marché de la câblodistribution transformera assurément celui-ci. Son offre de bande passante ultrarapide au prix de la vitesse régulière influencera assurément les offres de ses compétiteurs.  De plus, son initiative d’offrir gratuitement une connexion aux ménages à faibles revenus signifie que, dans un horizon à moyen/long terme, Google a pour objectif de «brancher» les États-Unis en totalité, et possiblement d’autres territoires ensuite (le Canada?), ce qui permettra à ses nombreux services d’entrer dans les foyers qui jusque-là n’étaient pas connectés. Avec l’annonce récente que Youtube réinvestira 200 millions de dollarssupplémentaires pour promouvoir ses chaînes de contenus originaux, Google se trouve dans une position avantageuse, réunissant à la fois infrastructure technologique, moyens financiers importants et contenus propriétaires.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here