L’Amérique latine : jeux, mobiles et une nouvelle génération de séries dramatiques

Les principaux diffuseurs latino-américains, connus principalement pour leurs telenovelas, se concentrent aujourd’hui sur la création de contenu de grande qualité et d’expériences télévisuelles raffinées. Deux rapports de recherche du FMC font la lumière sur des occasions à saisir pour les créateurs et réalisateurs canadiens dans des marchés clés de l’Amérique latine.

Il n’y a possiblement rien qui illustre l’attrait mondial de la culture latino-américaine mieux que le récent couronnement de Despacito au titre de la vidéo la plus regardée sur YouTube et la première à franchir le cap des 3 milliards de visionnements.

Comptant une population de quelque 650 millions d’habitants, la région de l’Amérique latine s’étend vers l’est pour inclure les îles hispanophones des Caraïbes et jusqu’à l’extrémité sud de l’Amérique du Sud. Tous les pays qui composent l’Amérique latine sont d’importants importateurs et exportateurs d’émissions télévisées et de jeux.

Le Fonds des médias du Canada (FMC) a préparé deux rapports de recherche – l’un portant sur le Mexique et l’autre, sur les principaux marchés latino-américains – pour examiner ces marchés plus en détail. Nous y présentons les occasions à saisir pour les producteurs canadiens en vertu des traités de coproduction et à la lumière des différents événements commerciaux.

Le rapport sur les marchés d’Amérique du Sud porte sur l’Argentine, le Brésil, le Chili et la Colombie. Ensemble, ces quatre pays représentent environ les trois quarts de la population du continent sud-américain et la part du lion de son activité économique.

La création de nouveaux partenariats avec le Mexique

Partenaire du Canada dans le cadre de l’ALENA depuis le début des années 1990, le Mexique fait l’objet d’un rapport distinct qui sera publié en novembre. Celui-ci examine de plus près les occasions commerciales, culturelles et professionnelles transfrontières qui s’offrent aux entreprises mexicaines et canadiennes.

Une entente qui se démarque est celle avec Siete Media, une entreprise de technologie et de conception sise à Mexico. Il s’agit d’un chef de file du développement d’expériences interactives pour des marques, des congrès, des festivals et des musées partout sur la planète.

Le fondateur de Siete Media, Roberto Lopez, a été si impressionné par Montréal après sa visite de la ville qu’il a décidé d’y ouvrir un deuxième bureau dans le carrefour technologique émergent du quartier Mile End. Par conséquent, plus d’une centaine de visites par écrans tactiles 360° de destinations touristiques et culturelles ont été créées.

L’industrie du jeu en Amérique latine: le mobile est roi

Deux pays latino-américains mènent dans la région en ce qui concerne l’industrie du jeu. Le Mexique revendique le premier rang, avec un marché du jeu évalué à près de 1,5 milliard de dollars. Le Brésil suit de près au deuxième rang : son marché du jeu est évalué à 1,3 milliard de dollars.

Environ la moitié du revenu généré par le marché mexicain du jeu est attribuable aux jeux pour appareils mobiles. Pourtant, 80 % des Mexicains utilisant un appareil mobile souscrivent un plan prépayé leur accordant une quantité limitée de données. Néanmoins, vu l’aspect addictif du mobile, un quart des utilisateurs d’appareils mobiles au Mexique dépassent le quota de données de leur plan régulièrement.

Le taux de pénétration d’Internet

À la fois l’Amérique du Sud et le Mexique affichent des niveaux de pénétration d’Internet à large bande qui laissent à désirer depuis de nombreuses années.

Une des raisons expliquant cette lacune est une faible infrastructure fixe pour large bande qui repose sur des systèmes de transmission par câble ou fibre optique. Une autre est l’absence historique de prix concurrentiels attribuable à la domination incontrôlée d’un seul prestataire de services.

Des réformes gouvernementales combinées à des avancées en technologie mobile, particulièrement au cours des cinq à dix dernières années, ont grandement contribué à ouvrir le marché latino-américain à des dizaines, voire des centaines, de millions de consommateurs qui n’auraient probablement pas pu accéder à Internet autrement.

Les telenovelas perdent du terrain

Qu’en est-il des telenovelas, ces séries télévisées mélodramatiques étroitement associées à l’Amérique latine? Grâce à la puissance globalisante de Netflix, des telenovelas classiques comme Rebelde, La Usurpadora et La Reina del Sur sont aujourd’hui regardées en rafale par des auditoires partout dans le monde.

Fait intéressant, au moment même où ces auditoires internationaux s’intéressent aux telenovelas, on rapporte que les auditoires latino-américains y perdent goût.

Marcos Santana de Telemundo International explique le phénomène comme suit : [traduction] « Internet a énormément transformé comment nous communiquons [et] consommons la télévision… [Les gens] ont soif d’émissions plus courtes, plus percutantes et de meilleure qualité. »

Par conséquent, il y a [traduction] « un intérêt croissant à produire du contenu en partenariat avec d’autres nations », peut-on lire dans le livre blanc intitulé Co-producing with Latin America.

Pour combler cet écart, des diffuseurs comme Telefe en Argentine et Globo au Brésil ont créé une nouvelle sorte de séries dramatiques pour plaire aux téléspectateurs qui cherchent à vivre une expérience télévisuelle plus raffinée.

[traduction] « [Nous] tentons d’émuler ce qui se fait sur la scène internationale en termes de normes, de thèmes, de narratifs, de concentrations d’idées et de nombres d’épisodes », explique Guel Arraes, chef de la création pour Globo.


Pour plus d’information sur l’état actuel de l’industrie des médias et du divertissement au Mexique et en Amérique du Sud, lisez les rapports complets:

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