Les nouvelles ambitions de La Fabrique culturelle

Crédit photo: La Fabrique culturelle

Une vidéo de Martha Wainwright qui chante au petit matin pendant le Festival Musique du Bout du Monde de Gaspé. Une expérience de réalité virtuelle mettant en lumière les talents et des paysages québécois lors du Sommet de la Francophonie. Une série de rencontres entre Sophie Cadieux et des créateurs aux horizons variés – comme Florent Vollant, Marie-Josée Lord et Louise Forestier – immortalisées en baladodiffusion. Depuis 2014, La Fabrique culturelle utilise tous les moyens pour faire découvrir les artistes des régions aux Québécois et, de plus en plus, au reste du monde.

L’éducation, la culture et le territoire sont les trois piliers de Télé-Québec selon Sophie Dufort, directrice générale des médias numériques et des régions. Il allait donc de soi que La Fabrique culturelle mette à profit ses dix bureaux régionaux, déjà bien implantés sur tout le territoire, pour faire connaître la culture d’ici. « Se rendre à Natashquan ou à Rouyn-Noranda pour faire un reportage sur la culture, c’est l’essence même de ce que doit faire Télé-Québec, affirme-t-elle. La culture se fait partout et c’est important de la montrer. »

Sophie Dufort, directrice générale des médias numériques et des régions

Sa collègue Myriam Leblond, agente de coordination régionale pour l’Estrie et la Montérégie, croit que la plateforme peut encourager plusieurs personnes à rester en région plutôt que s’expatrier vers les grands centres. « Les artistes veulent être vus et entendus, soutient-elle. Il faut les pointer et leur donner l’espace pour qu’ils soient connus et qu’ils puissent vivre de leur art. En région, ils manquent souvent de gens avec de l’argent pour leur donner un élan, mais j’ai confiance que les choses se développent autrement. Ils ont besoin d’un moteur. »

Avec sa popularité sans cesse grandissante sur les médias sociaux, la Fabrique offre une énorme vitrine aux artistes de la relève et à ceux qui sont déjà établis. « De nombreux artistes se servent de nos capsules pour créer de nouveaux liens dans leurs milieux artistiques, explique Mme Leblond. D’autres les utilisent dans leurs documents de subventions, comme une forme de reconnaissance. »

Myriam Leblond, agente de coordination régionale pour l’Estrie et la Montérégie

La coordonnatrice observe aussi une nette différence par rapport à ses débuts en 2014, lorsqu’elle devait creuser beaucoup plus pour obtenir du contenu.

« Maintenant, les artistes viennent vers nous. Ils savent qu’on crée des vidéos artistiques à leur image. On prend le temps d’entrer dans leur processus créatif et de mener des entrevues de fond. Parfois, on pourrait faire des documentaires de 50 minutes avec notre matériel! »

La Fabrique en quelques chiffres

  • Plus de 8350 capsules vidéo à ce jour
  • 4 séries de baladodiffusion: La vie secrète des libraires, Atalukan , Quartier général magazine culturel et En filigrane
  • 4 expériences en réalité virtuelle présentées au Salon du livre de Genève, au Salon du livre de Paris, au Salon de la poésie de Paris et au dernierplus récent Sommet de la Francophonie

Diffusion tous azimuts

Puisque la plateforme n’est pas de nature commerciale, ses artisans ne s’en font pas outre mesure avec le nombre de visionnements sur leur site Web.

« Plutôt que de forcer l’écoute sur notre plateforme, on a décloisonné nos stratégies de diffusion il y a environ 18 mois. On veut mettre nos contenus partout. On est au service de la culture, et non un diffuseur replié sur lui-même. On existe pour que la culture voyage! Et ça marche: nos statistiques ont quintuplé! »

Cette nouvelle vision vient également avec la volonté d’effacer le compartimentage régional. « Autrefois, les régions étaient très clairement identifiées sur notre site, ajoute-t-elle. Mais les gens veulent voir toute la culture, pas seulement ce qui se passe dans leur coin. »

Crédit photo: La Fabrique culturelle

Avec plus de 8 350 capsules produites à ce jour, La Fabrique culturelle est devenue l’équivalent culturel d’une banque d’archives. « C’est notre mémoire collective. Ça démontre toute la pertinence de notre identité culturelle québécoise », soutient Mme Leblond.

Quelques chiffres sur les visionnements en ligne…

  • 2015-2016: 1 820 000 visionnements
  • 2016-2017: 2 516 000 visionnements
  • 2017-2018: résultat final à venir, mais les statistiques seront similaires à celles de l’année précédente

Le Web n’est pas la télé

La mise sur pied de cette collection artistique a tout de même nécessité un travail titanesque. Et un changement de mentalités, car la production télévisuelle n’a pas les mêmes réalités que le numérique. « On ne tourne pas avec les mêmes budgets ni de la même façon qu’en télé, illustre la directrice. Comme on fonctionne avec des équipes réduites d’une ou de deux personnes qui font tout, il faut penser à des projets qui vont se tourner de manière plus légère. »

Crédit photo: La Fabrique culturelle

Simplicité, mobilité et débrouillardise deviennent le lot quotidien des équipes de La Fabrique culturelle, qui couvrent un immense territoire. « Le grand défi est de réussir à parler à tous les gens qui ont beaucoup de talent, explique Mme Leblond. On doit parfois limiter nos ambitions dans nos choix d’artistes et nos partenariats, en raison de la superficie à couvrir. »

Cela dit, les équipes régionales ne chôment pas! Tous les mois, elles produisent une trentaine de capsules d’une durée de trois à huit minutes chacune. « Autrefois, les équipes régionales de Télé-Québec faisaient une longue production par année avec un gros budget, alors que, désormais, les équipes sont présentes sur le terrain toutes les semaines, explique Sophie Dufort. Elles sont très impliquées dans leurs milieux. Tous les dix jours, une capsule sort de chaque région. »

150 partenariats

Jusqu’à présent, plus de 150 partenariats ont été réalisés avec des festivals, des maisons de la culture, des diffuseurs régionaux et différents ministères, comme le ministère des Relations internationales, qui a accueilli une expérience de réalité virtuelle au Sommet de la Francophonie tenu en Arménie en octobre dernier: les visiteurs pouvaient se téléporter à Québec, à Sainte-Rose-du-Nord au Saguenay, à Montréal et aux Îles-de-la-Madeleine, alors que Karim Ouellet, Safia Nolin, La Bronze et Loco Locass y interprétaient la chanson Le Dôme de Jean Leloup.

Crédit photo: La Fabrique culturelle

Grâce à ses nombreuses ententes de collaboration, La Fabrique culturelle soutient entre autres les nouveaux événements dans les régions. « On a un parti pris pour les initiatives qui veulent donner de la vitalité à la région. On ne leur propose pas un partenariat de marketing, mais du soutien pour la création de contenus. »

Des contenus qui ne se limitent plus aux capsules vidéo. Après avoir réorienté sa stratégie de diffusion, La Fabrique culturelle a ouvert la porte aux balados, aux textes et aux expériences virtuelles. « Je lève mon chapeau à ceux qui ont parti La Fabrique car ils ont décloisonné le modèle télé avec succès, dit la directrice. Aujourd’hui, nous sommes la deuxième génération. Notre équipe vient entièrement du Web et on s’assure de trouver le meilleur format en fonction du contenu. »

Objectif: le reste du monde

Les ambitions de l’organisation ne s’arrêtent pas là. Développant actuellement des projets avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), La Fabrique culturelle établit également des ponts avec TV5 Monde et plusieurs plateformes numériques dans le monde. « Notre objectif est de faire consommer plus de culture d’ici aux Québécois et de sortir la culture à l’extérieur de notre territoire, souligne Mme Dufort. On souhaite créer des ententes avec des diffuseurs culturels à travers le monde pour qu’ils diffusent nos contenus. Ce sera une merveilleuse vitrine pour le Québec et ça va donner un coup de pouce aux artistes. »

Crédit photo: La Fabrique culturelle

À visionner: les trois des capsules les plus populaires

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