Skimlinks : la monétisation du contenu simplifiée

Que vous ayez déjà entendu parler de Skimlinks ou non, vous avez certainement été en contact avec ses services. Établie à Londres, l’entreprise offre un outil de monétisation pour les éditeurs de contenu, invisible des utilisateurs, contrairement à d’autres services similaires comme AdWords. Selon Alicia Navarro, directrice générale et fondatrice, Skimlinks n’est pas une entreprise de publicité. Un outil transforme des mots précis intégrés au contenu en liens affiliés. Lorsqu’un utilisateur clique sur des mots‑clés précis, il est dirigé vers le site Internet d’un marchand ou d’un produit. Puisque l’utilisateur ne reçoit aucune publicité, Skimlinks pourrait être perçue comme un service de publicité à option d’adhésion.

Alors, comment Skimlinks fonctionne-t-elle pour les éditeurs ? En quelques lignes, il s’agit d’un service d’automatisation d’adhésion offert par Skimbit, une entreprise britannique créée en 2006. Pour utiliser Skimlinks, il suffit de suivre un processus simple de trois étapes : créer un compte gratuit (toutes les demandes sont validées afin de maintenir des normes de qualité), copier-coller un code dans le bas de page de votre site Internet (il existe des plugiciels pour les principales plateformes de blogage), et le tour est joué ! La troisième étape se fait automatiquement. Chaque fois qu’un visiteur clique sur un lien menant à un produit dans un billet de blogue, le code le transforme en lien affilié. Les liens ne sont pas modifiés jusqu’à ce qu’un visiteur clique sur ceux-ci; ils n’ont donc pas un air bizarre et ne font pas peur (cependant, cette fonctionnalité veut également dire que l’affiliation n’est pas perceptible et qu’elle peut déranger les visiteurs s’ils découvrent la chose). Afin d’éviter la controverse, Skimlinks conseille à ses clients de divulguer rapidement qu’ils utilisent ce service, soit dans le bas de page de leur site Internet ou dans les conditions générales de la page de services.

Skimlinks, qui compte maintenant 42 employés dans ses bureaux de Londres et de San Francisco, se concentre actuellement sur les marchés de l’Amérique du Nord, de l’Europe de l’Ouest et de l’Australie, où elle collabore avec plus de 17 000 marchands au sein de 27 réseaux affiliés. Ses arguments commerciaux semblent très convaincants : le service permet à ses clients d’économiser du temps et de ménager leurs efforts, en leur évitant de maintenir des comptes pour ces réseaux. Le service repose sur un modèle de partage des revenus. Les clients ne paient pas pour l’adhésion ni l’utilisation, mais ils laissent 25 % de leurs commissions à Skimlinks. Les partenaires sont payés mensuellement si leur solde atteint 10 $ ou plus.

Skimlinks est l’entreprise derrière le modèle de monétisation axé sur les liens affiliés choisie par Pinterest. Ou plutôt, elle l’était. En ne divulguant pas que certains liens étaient commandités par des entreprises, Pinterest s’est attiré les foudres des utilisateurs, qui n’ont pas aimé être considérés comme des « vaches à lait » sans leur consentement explicite. Peu de temps après le dévoilement des liens entre Skimlinks et Pinterest, la plateforme sociale a décidé de laisser tomber Skimlinks comme outil de monétisation, donnant comme raison officielle que la période d’essai ne s’était pas révélée convaincante.

Le cas de Pinterest constitue un bon exemple de certaines limites que les éditeurs qui choisissent d’inclure Skimlinks dans leur modèle d’affaires pourraient connaître. Dans le monde virtuel, comme dans le monde réel, la transparence est fondamentale à l’établissement de bonnes relations avec les consommateurs. Skimlinks pourrait être un bon outil de monétisation, mais à condition de garder le cas de Pinterest à l’esprit. Il est probablement essentiel désormais de divulguer l’information aux utilisateurs qui visitent les plateformes liées à cette technologie.

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À propos de l’affiliation

Dans le contexte d’Internet, l’affiliation est un programme dans le cadre duquel un détaillant comme Amazon récompense un affilié (p. ex., un blogue) pour diriger le trafic vers son site Internet par un lien affilié (soit un lien Web normal qui comprend le code d’identification de l’affilié comme paramètre). La récompense prend généralement la forme d’un pourcentage sur tout achat effectué par le visiteur qui a suivi le lien vers le site du détaillant.

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Antoine van Eetvelde
En plus de dix ans passés dans l'industrie du multimédia, Antoine van Eetvelde a été en charge de tous les aspects d'un projet du code à l'assurance qualité, de la localisation à la création d'une gamme complète d'applications. Ces expériences successives lui ont donné la chance de travailler avec des leaders mondiaux autant qu'avec des startups, sur toutes sortes de plateformes et de projets, de tailles et de buts variables. Antoine est titulaire d'un diplôme d'ingénieur de gestion de la Louvain School of Management (Belgique), d'une licence en affaires internationales de l'Université Catholique de Louvain (Belgique) et d'une formation en développement web (Technofutur3, Belgique).

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